"Audit Google Ads gratuit." Vous avez vu passer l'offre une centaine de fois. Elle recouvre deux réalités très différentes : un vrai travail d'analyse, ou un rapport automatique généré en trente secondes pour décrocher un rendez-vous commercial.
Cet article décrit ce que je regarde réellement quand j'ouvre un compte, dans l'ordre, et ce que chaque point révèle. Que vous fassiez appel à quelqu'un ou que vous le fassiez vous-même, vous saurez ce qui doit y figurer.
L'ordre compte plus que la liste
La plupart des méthodes d'audit qui circulent proposent une check-list en dix étapes qui commence par les objectifs marketing et finit par le tracking. Je fais l'inverse.
Je commence par le tracking, parce que si les conversions sont mal mesurées, tous les autres chiffres du compte sont faux. Analyser la performance des mots-clés à partir de données de conversion erronées, c'est produire un rapport très détaillé sur rien.
1. Le tracking des conversions
Ce que je vérifie :
- Quelles actions sont déclarées comme conversions, et lesquelles sont en "principale"
- Si les balises se déclenchent une seule fois, au bon endroit (page de confirmation, pas page de formulaire)
- S'il y a un doublon entre Google Tag Manager et le code natif
- Le décalage entre les conversions déclarées dans Google Ads et les demandes réellement reçues
Ce que ça révèle : dans la majorité des comptes que je reprends, il y a un écart. Parfois un facteur 3. Tant qu'il n'est pas corrigé, le compte n'est pas pilotable — et surtout, les enchères automatiques apprennent sur de mauvais signaux.
2. Les termes de recherche
Pas les mots-clés : les requêtes réellement tapées par les gens qui ont cliqué. Je prends 30 à 90 jours et je passe la liste.
Ce que ça révèle : la part du budget qui part sur des intentions hors cible — "gratuit", "emploi", "formation", "salaire", concurrents mal ciblés. Sur des comptes en ciblage large sans surveillance, cette part dépasse régulièrement 30 % de la dépense.
C'est le point où l'on trouve le plus d'économies immédiates. Sur un compte de traitement de nuisibles, ce seul travail a fait baisser le coût par conversion de 40 % en moins de quinze jours.
3. La structure du compte
Comment les campagnes et les groupes d'annonces sont organisés, et si cette organisation a une logique commerciale.
Les signaux d'alerte :
- Un seul groupe d'annonces avec 200 mots-clés sans rapport entre eux
- Des campagnes qui se font concurrence sur les mêmes requêtes
- Un budget éclaté sur huit campagnes qui n'atteignent jamais le volume d'apprentissage
- Des campagnes en pause depuis des mois, jamais nettoyées
Ce que ça révèle : un compte mal structuré paie ses clics plus cher, parce que la cohérence mot-clé / annonce / page conditionne le Quality Score, et donc le prix payé pour la même position.
4. Les stratégies d'enchères
Quelle stratégie est active, depuis quand, et si le compte a le volume pour qu'elle fonctionne.
Ce que ça révèle : l'erreur la plus fréquente est une stratégie automatique activée sur une campagne qui génère trois conversions par mois. L'algorithme n'a rien pour apprendre. Autre classique : un CPA cible fixé nettement en dessous du coût réellement constaté, qui étrangle la diffusion — la campagne ne dépense plus et on se demande pourquoi.
5. Les pages d'arrivée
Je regarde où chaque campagne envoie son trafic, et je fais le parcours moi-même.
Ce que je vérifie :
- La page reprend-elle les mots de la requête, ou c'est la page d'accueil pour tout le monde ?
- La promesse est-elle visible sans scroller ?
- Le formulaire est-il court et accessible immédiatement ?
- La page charge-t-elle vite sur mobile ?
- Le formulaire fonctionne-t-il ? (je le teste)
Ce que ça révèle : c'est le poste où se trouve le plus gros gisement, et le plus ignoré. Une page d'accueil généraliste convertit autour de 2,35 %. Une page dédiée alignée sur l'intention de la campagne tourne en moyenne à 10,8 %. Autrement dit : le même compte, le même budget, quatre fois plus de clients.
6. Les annonces
Nombre d'annonces par groupe, note d'efficacité, extensions activées, cohérence avec la page de destination.
Ce que ça révèle : des groupes avec une seule annonce (aucun test possible), des extensions non renseignées (de la surface d'annonce gratuite laissée de côté), ou des annonces qui promettent quelque chose que la page ne tient pas.
7. L'historique et les changements
L'onglet Historique des modifications, sur six à douze mois.
Ce que ça révèle : énormément de choses sur ce qui s'est réellement passé. Un compte qu'on n'a pas touché depuis huit mois n'a pas le même problème qu'un compte modifié trois fois par semaine — le premier a dérivé, le second n'est jamais sorti de la phase d'apprentissage. Et si un prestataire facturait un suivi mensuel, l'historique dit précisément ce qui a été fait.
8. Ce qui se passe après le clic
Un audit qui s'arrête à la plateforme rate souvent le vrai problème.
Je regarde où arrivent les leads, en combien de temps ils sont rappelés, et ce qu'ils deviennent. Un compte peut être irréprochable et ne rien rapporter si les demandes dorment 48 heures dans une boîte mail partagée.
C'est aussi là qu'on distingue un problème d'acquisition d'un problème de transformation — et ce ne sont pas les mêmes solutions.
Ce que devrait produire un audit sérieux
À l'arrivée, vous devriez repartir avec :
- Un état des lieux chiffré, pas des impressions
- Une hiérarchie : les trois choses à corriger en premier, pas une liste de trente points au même niveau
- L'ordre de grandeur du gain attendu pour chacune
- Ce qui va bien, aussi — un audit qui ne trouve que des catastrophes cherche à vendre
- Ce que vous pouvez faire vous-même
Comment reconnaître un faux audit
Quelques signaux qui ne trompent pas :
Le rapport automatique. Un PDF de quarante pages généré par un outil, plein de graphiques et vide de décisions. Si aucun humain n'a ouvert le rapport des termes de recherche, ce n'est pas un audit.
L'audit sans accès au compte. On ne peut pas auditer un compte Google Ads depuis l'extérieur. Si personne ne vous a demandé un accès en lecture, ce qu'on vous vend est une estimation, pas une analyse.
La conclusion écrite d'avance. "Votre compte est mal structuré, il faut tout refaire." C'est parfois vrai. Quand c'est la conclusion systématique, c'est un argumentaire commercial.
Les recommandations non chiffrées. "Améliorer le ciblage", "optimiser les annonces" : ça ne veut rien dire. Une recommandation utile désigne une campagne précise, une action précise, un gain estimé.
Faire l'audit soi-même
C'est tout à fait faisable, et c'est même une bonne idée avant de faire appel à quelqu'un — vous saurez si son diagnostic tient la route.
Le minimum, dans l'ordre :
- Comparez les conversions déclarées dans Google Ads avec vos demandes réelles du mois.
- Ouvrez le rapport des termes de recherche sur 30 jours et lisez-le en entier.
- Cliquez sur vos propres annonces et faites le parcours jusqu'au formulaire, sur mobile.
- Regardez l'historique des modifications sur six mois.
Ces quatre points prennent une heure et révèlent l'essentiel des problèmes. Si vous voulez creuser ce que ces vérifications font remonter le plus souvent, j'ai détaillé les causes dans pourquoi vos campagnes ne convertissent pas.
En résumé
Un audit sérieux commence par le tracking, passe par les termes de recherche, et ne s'arrête pas à la plateforme. Il hiérarchise au lieu d'énumérer, et il chiffre au lieu de qualifier.
Si vous voulez que je regarde votre compte, voilà comment je travaille — et vous pouvez me contacter directement.